Auto-interview donnée à l'occasion de la sortie de l'édition de Luxe de Projet Équinoxe.




Cette auto-interview pré-publiée sur internet sera intégrée dans l'édition de luxe de Kookaburra 3. Elle est suseptible de subir quelques légères modifications de la part de l'éditeur. Mais elle vous est livrée ici, brute. Si vous désirez réagir face à cette interview ou face à la série de Kookaburra n'hésitez pas à nous laisser un mot.

Hé hé hé.

Qu'est-ce qui te fais marrer ?

Ben rien, je suis content. J'ai réussi a placer tout ce que je voulais dans ce troisième tome. Tu as vu comme, à presque chaque page, cela rebondit ?

Ouais, je dois avouer... On a l'impression que le tome 1 a commencé l'histoire trop tard.

C'est un truc de scénario. On place dans ce cas les héros (et donc les lecteurs) dans la position de l'amnésique. Ils découvrent l'histoire au fur à mesure et ne semblent avoir aucune prise dessus.

En ont-ils ?

Je dois avouer en être au même point qu'eux. Si la fin est bien définie dans ma tête la façon d'y arriver appartient aux personnages. Plus d'une fois, dans ce tome, ils m'ont moi-même surpris. C'est une impression étrange. Un peu comme un duel. Qui domine qui ? J'ai le sentiment bizarre qu'une fois créé et leur rôle dans l'histoire posé, ils m'échappent et ouvrent des portes dont j'ignorais l'existence. Ils vivent leur propre vie dans le cadre que j'ai défini. Et même ce cadre, j'ai l'intuition qu'ils vont s'y attaquer.

As-tu réellement fait ce que tu avais promis ? Boucler la fin du début dans ces 3 tomes ?

Mwoui en gros. Les cinq enfants sont connus. Le drame est en place.

En effet et c'est dense ! N'en as-tu pas déjà trop dit et brûler tes cartouches trop vite ?

On est déjà au troisième tome ! Et puis... Il faut encore découvrir le Kookaburra, le message et son origine et surtout les amazones dont on parle et qu'on a toujours pas vu !

Un autre tournant que l'on peut prévoir c'est la mise en action des héros.

Dragan, jusqu'ici subissait plus qu'il n'agissait sur son destin. Il va effectivement tenter d'inverser cette tendance. Il va s'humaniser et laisser le rôle de comique troupier à Skullface.

L'humour dans Kookaburra est très présent. La façon de parler des personnages et très dialoguée. Parles-tu comme ça dans la vie ?

Non, je n'ai pas leur bagou. Mais j'aime les dialogues travaillés. Et puis, je vois beaucoup de films, je prends des notes.

L'histoire de Kooka est elle aussi influencée par des films ?

Les décors oui. Par des jeux video aussi. Je suis toujours aussi faible pour créer des dessings mais je progresse. Je promets que dans le tome 4, je ferai le maximum pour me débarasser de tout ça. Quant au récit par lui même, il est toujours fort inspiré par 3 romans de SF. Dune, la nuit des enfants roi et la stratégie Ender. Je m'en sers comme un cuisinier se sert d'aliment pour préparer ses plats. J'éspère faire des "plats" originaux avec tous ces éléments.

On sent que la suite va être de feu.

Je vais faire un petit break et travailler le scénario à fond. Le décor est planté. Maintenant, avec une telle trame je vais faire le maximum pour que chaque prochaine aventure de Kooka soit un évènement. Qu'on l'attende avec impatience. C'est le but hein. Je ne sais pas si je vais y arriver, mais c'est le but !

Tu parles d'un break... Tu peux développer ?

Je vais faire une héroïc fantasy sur fond mythologique. Une histoire sympa, plus légère. Les vaisseaux spatiaux c'est très fastidieux à dessiner et les fils du récit de Kooka sont difficiles à gérer.

Chic, une héroïc fantasy avec une héroïne ? raconte ...

C'est top secret pour le moment. Tout ce que je peux te dire et te montrer c'est son nom. ATALANTE !

Bien, je vois que tu n'en diras pas plus revenons donc à Kooka. Moi ce qui me plait le plus dans cette B.D. ce sont les rapports entre les personnages.

Les dessiner, les faire vivre, les faire évoluer entre eux, c'est mon plus grand plaisir. Je suis un conteur qui a choisi la BD pour s'exprimer. Les personnages et le découpage du récit sont mes moteurs. Mes freins, ce sont les décors et le nombre de pages (46 par volumes). Les décors sont nécessaires pour crédibiliser une histoire, mais bon sang qu'est ce que c'est c..... à bâtir.

Dans ce volume le dessin devient plus réaliste. Je me trompe ?

Un petit peu, oui mon dessin évolue. Mais je ne crois pas que j'irais jusqu'au réalisme pur. J'aime beaucoup les dessins animés américains. J'aimerai me rapprocher de ce style.

Bon, ben, on a fait le tour là !

Ouais, à l'année prochaine !

OK, mais à l'avenir prends des notes au fur et à mesure. Car je suis sûr qu'on a oublié plein de précisions dans cette auto interview !

Promis.

CRISSE, 15 DÉCEMBRE 1998